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Meinl Soundcaster Fusion

Après avoir conçu les Soundcaster Custom en B12, Meinl revient sur la série et propose une déclinaison Fusion pour un look plus voyant et un sustain un peu moins long.
Par Laurent Bataille
Batteur Mag n°223

S’il y a bien une marque dynamique qui propose régulièrement des cymbales aux sonorités modernes, c’est Meinl. Outre les Generation-X qui ont innové en termes de sonorités et de fabrication, la marque n’a pas cessé de développer sa gamme, en faisant du « neuf » à partir de valeurs sûres (les Byzance) mais aussi en déclinant des modèles très actuels, comme ceux de la série Soundcaster Custom qui se situent vers le haut du milieu de gamme ; disons en troisième position après les MB20 et les Byzance. Cette série en B12 bénéficie d’un alliage intermédiaire entre le B20 et les B10 ou B8, Meinl étant également la spécialiste de ces déclinaisons entre les différents alliages qui apportent chacun leur couleur (sonore et visuelle) et leurs spécificités aux cymbales. Le B12 est fait de 78 % de cuivre et de 12 % d’étain, ce qui le place dans les alliages nobles, juste avant le B20. Avec une finition brillante les Soundcaster Custom offraient déjà aux batteurs la possibilité d’approcher les sonorités à la fois cristallines et puissantes du haut de gamme et nous allons voir que les Soundcaster Custom offrent des possibilités similaires avec une nuance dans la longueur de note. Mis à part une Powerful Ride de 20”, nous avons testé l’intégralité de cette série dont les tailles et modèles semblent avoir été conçus pour une utilisation très polyvalente, d’où le nom de Fusion qui semble ici totalement adapté en termes de direction sonore et de cible visée.

Une finition qui ne trompe pas
Avec les Soundcaster Fusion, nous ne sommes pas dans l’univers des cymbales très martelées et ciselées de façon aléatoire. À l’œil nu, tout indique la précision et la constance entre deux modèles similaires. Du logo gravé au laser aux deux traitements de surface passés de façon chirurgicale sur chaque côté des cymbales, on est de façon évidente dans l’ultra précis. Un ciselage, donc, plutôt mat, et une finition très brillante au niveau des cloches et tout autour, sur 40 % du diamètre total, contrastant nettement pour un look global assez original et une sonorité tirant forcément vers l’aigu. En effet, une cymbale non ciselée (et a fortiori brillante) a déjà tendance à gagner dans ces hautes fréquences et ici, le martelage très régulier et assez discret, laisse aussi à ces cymbales plus de fréquences aiguës que graves. Ces facteurs sont accentués par l’épaisseur assez conséquente de chacun des modèles, le « Thin » ayant été d’emblée écarté pour favoriser les épaisseurs Medium (crashs et rides) et Powerful (rides) sans pour autant tomber dans le caricatural.

Les crashs et la China
Il n’existe que deux crashs déclinées en 16” et 18” avec la même épaisseur médium. Ces cymbales réagissent bien à l’olive de la baguette, pour un ride bien clair mais pas cristallin, un peu bridé, et pour obtenir un crash il faut tout de même frapper carrément pour une explosion riche mais courte (à cause de la matière brute au-dessus et au-dessous). On retrouve ces caractéristiques pour les deux diamètres et on imagine que le métal aura des propensions à s’ouvrir sous les coups de baguettes, après quelques mois. Les cloches de ces deux crashs sont très précises, bien présentes et idéales pour varier de nuance dans un pattern latin par exemple. La splash jouée seule est également un peu bridée dans l’explosion, mais en groupe, comme elle est puissante, elle donnera un excellent résultat. Elle saura aussi trouver son maître sous les coups répétés qui agiront comme un martelage supplémentaire. La China possède une note tout aussi courte mais bien puissante, plus agréable au sein d’un kit que jouée toute seule, avec une efficacité redoutable dans sa couleur « chinoise ».

Les rides et le Hi Hat
Le charley Medium possède toutes les caractéristiques d’un 14” à tout faire. Un tchick précis lors de la fermeture au pied, ni trop aigu ni trop dark, un jeu sur la tranche bien présent supportant les nuances fortissimo, même en jeu semi-ouvert, et une attaque assez franche sous l’olive. Là encore, on n’est pas dans le beau ou le cristallin, mais dans le sacrément efficace. Idem pour les rides manifestement conçues pour un contexte électrique. Déclinées en Medium (20”) et Powerful (20” et 22”), elles ne sont pas faites pour être cra­shées en jouant sur le plat ou sur la tranche, quoique la 20” se laisse plus facilement malmener. En revanche, les cloches sont ultra-définies et le ride restitue chacun des coups d’olive avec toute la puissance et la définition nécessaire à un jeu vigoureux, la longueur de note étant là encore naturellement très contrôlée.
Cette série a donc manifestement pour cible tous les batteurs qui aiment les styles variés, de blues à fusion en passant par les musiques latines ou la variété, avec une tendance tout de même assez musclée sans pour autant tomber dans l’athlétique. En d’au­tres termes, les amplis et les grosses baguettes ne feront pas peur à ces galettes traitées pour magnifier le jeu des batteurs actuels comme les jeunes Simon Tellier ou Piwee qui représentent la marque… Ce qui n’est pas un hasard car les jeunes batteurs d’aujourd’hui, virtuoses ou pas, ont besoin de cymbales à la fois éclatantes et courtes car leur jeu fourni et dense ne s’encombre pas de halo langoureux ou de joliesse dans le crash. Il faut du défini, de l’efficace et du relativement puissant. Or c’est exactement ce que ces instruments dégagent. Les prix affichés restent tout de même conséquents mais on est dans la conception proche du haut de gamme, et chez Batteur on voit justement cette série comme une bonne possibilité d’achat pour ceux qui ne peuvent pas encore s’offrir du B20. Une nouveauté qui vient à point pour les jeunes, c’est tout Meinl ça. Pourvu que ça dure !

 

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