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Tama Starclassic Bubinga Elite

Avec ce modèle en Bubinga, Tama élève la batterie au rang de meuble en privilégiant une sonorité nerveuse grâce au bois désormais fétiche de la marque.
Par Laurent Bataille
Batteur Mag n°225

Pour évoquer Tama, en 2009, on pourrait commencer par dire que les batteries du milieu et haut de gamme font partie des plus belles du marché. Cela fait longtemps que cet aspect très soigné, voire à la limite de la marqueterie, m’avait sauté aux yeux et, en évoquant le sujet avec les professionnels, il paraît évident que la marque est de plus en plus reconnue pour ses vertus esthétiques. Les finitions des bois et les variétés d’accastillage (en gris ou noir mat anodisé), le design des coquilles ou des détails comme les piques de grosse caisse ou les systèmes de suspension forcent le respect, et on sent que la marque a récemment mis le paquet sur ce point. Bien sûr, les concepteurs n’ont pas oublié qu’une batterie sert à faire de la musique, et nous allons voir que cette Starclassic Bubinga dispose de plusieurs possibilités de configuration (avec ou sans fûts courts par exemple) et que les particularités concernant le son de ces fûts n’ont pas été traitées à la légère. Là aussi, il semble que la marque s’attache à un style de plus en plus affirmé, notamment par l’utilisation du Bubinga qui démarque Tama des autres productions, et ce depuis
un moment déjà. Voyons donc ce que cette Elite a dans le ventre.

Un extérieur parfait
Avant de parler du ventre, passons en revue les détails esthétiques, puisque l’on a souligné en introduction qu’ils méritaient une mention spéciale. Effectivement, lorsque l’on a une Starclassic Elite en face de soi, on ne peut rester indifférent, à moins de ne vraiment pas être sensible aux belles choses. Soulignons au passage que si nous connaissions cette batterie (aperçue au NAMM et à nouveau remarquée à Francfort), nous avons été marqués par la méthode impressionnante d’emballage. Ce kit fait en effet partie des mieux emballés que nous avons vu arriver aux Studios Luna Rossa où nous tournons nos documents vidéo. Outre les protections en polystyrène placées en quinconce qui empêchent les coquilles de la grosse caisse de prendre des coups, un joint protecteur vient se ficher sur chaque chanfrein de cette 22”. Pour certains, ces détails sembleront anodins, mais cela en dit beaucoup sur le soin qu’ont pris les concepteurs qui n’ont sans doute pas souhaité voir s’abîmer une si jolie pièce. Il faut dire que les coquilles sont très belles, et que la dernière couche de bois est magnifique. Ce dernier pli est d’ailleurs disponible en trois finitions aussi veinées les unes que les autres, qu’il s’agisse d’érable, de bubinga ou de cordia.
L’accastillage n’est pas en reste avec une teinte mate qui donne un effet très chic et discret sur ces bois très foncés et bien veinés. Un petit mot sur le système Starcast qui sert à maintenir les fûts et à les suspendre pour accroître la résonance. Discrets par leur forme, et légers grâce à une nouvelle facture en aluminium, ils ont été recouverts du même plaquage que l’accastillage pour mieux se fondre dans le reste des parties métalliques. Les crochets des tirants de la grosse caisse disposent de caoutchouc intégré dans le métal pour protéger le cercle en bois et éviter les vibrations dans le cas d’un accordage très détendu. Enfin, les piques de grosse caisse sont très faciles à positionner et les piques de suspension des toms sont munies de bagues-mémoire qui assurent toujours le même positionnement lors du montage.

L’intérieur de l’Elite
Les fûts de ce modèle Starclassic sont fabriqués en 8 plis, plus la dernière couche extérieure. La grosse caisse fait 8 mm et les fûts totalisent chacun 7 mm, soit une épaisseur un peu plus conséquente que la finesse de certaines productions, tout en restant dans des normes tout à fait actuelles. L’intérieur de chaque tambour est très soigné, avec une étiquette et un numéro de série qui attestent de l’authenticité du kit. Là aussi, l’attention a été portée au moindre détail, comme en témoignent les vis noires qui tiennent tout l’accastillage. Les chanfreins taillés à 45° sont exemplaires, et l’examen attentif de ces parties importantes prouve à quel point ces fûts ont été bien travaillés.

Un son nerveux et riches en fréquences extrêmes

Le Bubinga africain a fait l’objet d’études qui ont révélé une densité accrue de 53 % par rapport à l’érable et au bouleau, ce qui favorise une attaque très acérée et assez agressive lors du coup, suivie de fréquences graves que l’on obtiendra suivant le diamètre du fût et l’accordage de la peau, mais qui sont censées habiter de facto cette essence de bois bien spécifique. Deux détails à nouveau, pensés pour ne pas stresser le bois : le nom de la batterie ne figure pas sur des plaques en métal mais directement sur le bois, et l’évent de décompression de la grosse caisse est en érable… Pour révéler cette sonorité riche en extrêmes, les concepteurs sont restés fidèles aux cercles moulés en aluminium (pas trop lourds) qui tiennent bien les peaux et facilitent la tenue de l’accord. Ils ont choisi des peaux Evans (sauf pour la peau de résonance de la grosse caisse), des Genera G2 transparentes pour la frappe et des Genera G1 pour la résonance. Les deux plis des peaux de dessus restituent un son très actuel qui fonctionne quel que soit l’accord mais qui m’a semblé un peu trop maté à mon goût. Dommage en effet de vanter les qualités d’un bois et de ne pas laisser au batteur la possibilité de mater lui-même la longueur de la résonance. Mais cela permet d’obtenir rapidement une sonorité contemporaine, très propre et courte (ce qui est accentué par les cercles) en version détendue, et très efficacement contrôlée en version très tendue. En outre dans cette dernière configuration, on obtient un son beaucoup plus original et des rimshots très efficaces, toujours grâce aux cercles. Dans les deux cas, il sera sans doute possible d’arriver à un résultat plus dynamique, car le mélange des cercles et des Genera double pli donne un côté un peu fade et enlève surtout trop de résonance à mon goût. Conscient du peu de batteurs qui aimeront le réglage très tendu, j’ai tout de même démontré cette option lors de la vidéo car l’Elite offre le choix de six profondeurs de fûts différentes, de la nervosité de l’Hyper Drive (8x6”, 10x6.5”, 12x7”, 13x7.5“, 14x8“) aux sonorités caverneuses de « l’X-tra Deep » dont celle de la grosse caisse de 22x20” testée qui (bien que matée elle aussi par des peaux équipées de mufflers) donne pas mal dans le grave. Nous n’avons malheureusement pas testé la caisse claire assortie à ce kit, mais nous avons senti que chaque élément renfermait de quoi s’épanouir à loisir, avec une nervosité qui ravira les amateurs de musique fusion ou tous ceux qui apprécient la précision dans tous les coups. Cette précision est d’ailleurs accrue par les tirants conçus pour ne pas réagir aux vibrations (des caoutchoucs mous viennent assurer leur tenue) et pour les toms basses, les caoutchoucs des tiges sont évidés afin de mieux capter les fréquences graves sans les transmettre dans le sol… le détail, toujours le détail !
On s’en doutait, l’Elite porte bien son nom et propose tout un tas d’options pour permettre aux batteurs d’atteindre matériellement des sommets esthétiques et sonores. Toutes ces caractéristiques et la qualité de la réalisation ont un prix, mais un kit de ce type ne passera pas inaperçu sur une scène. En outre, si cette série a clairement été pensée pour un usage professionnel, de nombreuses options aideront l’amateur (gâté) à trouver un son équilibré, varié et très actuel.

Cliquez ici pour voir la vidéo.

 

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