Attention, voilà un jeune batteur qu’il va falloir suivre de près et qui a déjà à son actif de nombreux groupes et tournées. Il a entre autres accompagné Georges-Alain (ex-Star-Académicien), Yannick Noah, Hadrien Féraud, Sixun et bien d’autres. Portrait d’un grooveur virtuose aux facilités déconcertantes.
Par Jean-Baptiste Perraudin
Interview parue dans Batteur Magazine n°204
Je souhaiterais revenir sur la façon dont tu te sers du pied droit car tu es arrivé à une vitesse stupéfiante. Qu’est-ce que tu as bossé pour ça ?
En fait, je n’ai pas fait d’exercice particulier, c’est plutôt grâce à l’expérience avec tous les groupes avec lesquels je jouais. Il y a des plans qui viennent en jouant, comme construire des grooves avec les moulins en jouant la partie de la main droite au pied. Ensuite, tu brodes autour de ça, et cela donne plein de phrases qui, une fois accélérées, font penser à des enchaînements de double grosse caisse mais n’en sont pas.
Est-ce que tu as bossé l’adaptation du roulé mais avec deux coups main droite auxquels répondent deux coups pied droit ?
Oui, bien sûr, parce que ce sont des choses que j’ai vu faire par Dennis Chambers. Mais tu sais, je dois t’avouer que je ne suis pas un acharné de travail à la batterie. En fait, j’ai toujours voulu être chanteur. Mon truc, c’est de bosser la guitare, la basse, de composer. La batterie, je la joue dans des groupes et ça se fait comme ça.
C’est incroyable ce que tu nous dis là ! Et même encore maintenant, c’est le chant qui te plaît le plus ?
Oh oui ! Mon but, c’est de faire le guitare-héros en chantant mes chansons. (rires). Et si un jour j’ai l’occasion de le faire, je suis prêt à ranger la batterie dans ses cartons ! Mais bon, pour revenir à la grosse caisse, mon père avait mis l’accent sur cet aspect en me faisant jouer des grooves latins, des sambas et ce genre de choses. Il était très fort là-dedans. Ensuite, j’ai fait aussi de la jungle, et là le pied droit est très important. On s’amusait à jouer tout très vite parce que ça faisait rire les musiciens du groupe. Et comme ça les faisait rire, forcément, j’allais toujours plus vite ! J’ai eu une phase où j’ai beaucoup écouté Gene Lake avec Steve Coleman, toute la période des enregistrements live au Hot Brass. Il y a des morceaux très rapides là-dedans. Je me suis amusé à rejouer tous ces grooves. Bien sûr, je déconseille de commencer par vouloir jouer vite, même si je l’ai fait. Il faut groover avant tout. J’ai mis du temps à comprendre ça, ça ne fait pas plus de deux ans en réalité. Dennis Chambers possède vraiment les deux aspects. Quand tu regardes ses vidéos, ça groove, mais quand il faut envoyer la sauce, ça fait mal.
Avec qui joues-tu en ce moment ?
J’ai travaillé avec Dood, un groupe de funk. Je suis sur le disque et dans le groupe du bassiste Hadrien Féraud (ndj : qui joue sur le dernier album de John Mc Laughlin « Industrial Zen »). John Grancamp, Mokhtar Samba et moi nous partageons les titres de l’album. J’adore jouer avec lui, il n’y a aucune limite ! Je viens de faire quelques concerts avec Sixun car Paco Sery joue actuellement avec Joe Zawinul. Lors des premiers concerts en Algérie, j’avais une pression énorme, mais le public m’a bien accueilli. J’ai également enregistré un disque avec Eric Le Lann et Jannick Top (l’album vient juste de sortir chez Nocturne, ndj). Lionel Louéké était à la guitare. On s’est très bien entendu avec Jannick, et je viens de faire son prochain projet qui est dans l’esprit Magma. C’est une grande pièce de plus d’une heure dans laquelle Christian Vander intervient à la fin. Je joue également avec le groupe Zap Mama, et il y a là aussi un album qui va sortir sur lequel j’ai joué avec Me’Shell N’Dégéocéllo sur un titre. La tournée qui suit à partir de juillet va nous emmener aux États-Unis.