En dépit de la suspension de Blink 182 « pour une durée indéterminée », Travis Barker, forte tête du trio californien, ne lâche pas pour autant les baguettes. Avec Mark Hoppus et quelques punks du même acabit, il ressurgit sous l’alias (+44), éructant un rock sévère auquel il continue d’imprimer ses rythmiques incompressibles.
par Toma!
Interview parue dans Batteur Magazine n°197
Comment s’est formé (+44) ?
Quand Blink s’est arrêté, j’ai tout de suite su que j’allais créer un nouveau groupe avec Mark (Hoppus, bassiste de Blink 182 – NDR). On y a réfléchi vite fait, et monté notre groupe encore plus vite. Je suis très content de (+44).
On a la sensation en vous voyant jouer que tu es un peu le ciment de ce groupe, au moins sur scène. Quel genre d’expérience ont les autres membres ?
Ils viennent tous de groupes différents. Mark vient de Blink comme moi, Craig était dans les Transplants, et Shane dans un groupe qui s’appelait The Nervous Return. Mais en réalité, on se connaît tous depuis longtemps, c’est comme une sorte de petite galaxie de groupes dont les membres se mélangent beaucoup. J’ai grandi avec Sean, par exemple. J’ai fait partie des Transplants aussi, où je jouais avec Craig.
Qu’est-ce qui est différent de Blink dans ce groupe ?
Absolument tout : les gens, la musique, l’enregistrement, le son, le style. Dans Blink, il y avait Tom, Mark et Travis. Mais avec Mark, on avait envie de faire autre chose. Je ne voulais pas sonner comme Blink. Pour ce qui est de la composition, on est assez dynamique, les idées fusent et on les gère le plus simplement du monde. Tout ce qui est clavier, batterie et programmation vient de moi. Toutes les autres tâches sont partagées. L’enregistrement de l’album de (+44) a été assez rapide.
Le son des batteries est assez divers sur l’album…
Oui, j’aime avoir plein de kits différents.
Tu utilises aussi un peu d’électronique…
Pas tant que ça. J’en utilisais plus avec Blink, surtout sur disque. Sur scène avec (+44), j’ai juste un trigger MIDI branché sur une TR-808.
Quel matériel acoustique utilises-tu ?
Orange County Drums & Percussion. Une des meilleures marques que je connaisse.
Tu es assez violent sur scène. Changes-tu souvent ton kit ?
Ah oui ! Enfin ça dépend, mais il y a des périodes où j’ai dû changer de kit quasiment à chaque concert, je casse souvent de petits éléments. Les cymbales durent plus longtemps mais, par rapport à pas mal de batteurs, oui, j’en casse beaucoup. Je dois doubler mon énergie, ça vient sans doute de là…
Doubler ton énergie ?
Oui. Parce que je suis gaucher, en réalité, mais je joue le charley de la main droite quand même. Ne me demande pas pourquoi.
As-tu d’autres projets à côté de ce groupe ?
Oui, je ne dois pas en parler, tu verras quand ça sortira, sans doute avant la fin de l’année. Ça s’appelle Expensive Taste. Et puis, il y a tout un tas de choses dont je m’occupe…
Les Transplants, ton label LaSalle Records, Box Car Racer, ta ligne de vêtements… Que fais-tu quand tu ne fais pas de musique ?
Plein de choses ! Je ne m’ennuie jamais. Je passe du temps avec mes amis, je me fais tatouer, je conduis ma Cadillac, j’aime le skateboard, aussi… J’aime beaucoup les vieilles voitures !