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Travis Barker: Jazz-punk!

En dépit de la suspension de Blink 182 « pour une durée indéterminée », Travis Barker, forte tête du trio californien, ne lâche pas pour autant les baguettes. Avec Mark Hoppus et quelques punks du même acabit, il ressurgit sous l’alias (+44), éructant un rock sévère auquel il continue d’imprimer ses rythmiques incompressibles.
par Toma!
Interview parue dans Batteur Magazine n°197

Comment se passe cette tournée ?
Plutôt bien. Je suis dans un canapé, là, dans le bus, on quitte l’Allemagne où on a joué hier soir.

Revenons à tes débuts. Comment as-tu commencé la musique et choisi la batterie ?
J’ai toujours baigné dans la musique aussi loin que je me souvienne. J’ai commencé la batterie très tôt, à l’âge de 4 ans. Ça me démangeait déjà à ce jeune âge. Ma première batterie était un jouet que je cartonnais déjà bien à cette époque (rires). J’écoutais dix mille trucs différents, j’aimais la musique. Run DMC et les Beastie me fascinaient, j’écoutais aussi Slayer, des trucs dans lesquels le jeu de batterie était déjà plus évident.

Aujourd’hui, tu sembles très investi dans le hip-hop…
Oui, j’y ai quelques amis, j’apparais dans des clips. J’ai joué de la batterie, aussi, sur un morceau de Bubba Sparxxx, un rappeur du sud des États-Unis. C’était un vrai défi. Ce n’est pas évident la batterie dans le rap.

Quels sont les premiers batteurs qui ont éveillé ton intérêt pour cet instrument ?
Ce qui est amusant, c’est que je ne connaissais pas leur nom au début. J’aimais la batterie mais j’étais vraiment gamin. Par la suite, les types qui m’ont percuté étaient Steve Gadd, Buddy Rich, John Bonham. Ce sont à peu près les mêmes aujourd’hui, sauf qu’il y en a aussi de nouveaux comme Dennis Chambers. Je rajouterai Billy Cobham, Tony Williams et Dave Lombardo aussi.

As-tu appris en piquant leurs plans ou as-tu suivi des cours ?
Oui et non. J’étais dans des marching band au lycée, donc j’ai une formation qu’on peut qualifier d’académique. Je jouais du jazz dans des orchestres aussi. J’aime beaucoup le jazz, et c’est en jouant ce style de musique, avec de bons musiciens, que j’ai découvert ce qu’est la technique de batterie. Tout ce que je sais vient de là, et j’aime beaucoup.

C’est étonnant cette formation académique pour un punk…
C’est vrai. Mais la maîtrise technique te permet d’aller tellement plus loin dans ce que tu fais. La technique me vient du jazz, l’énergie vient du punk rock.

 

Comment s’est formé (+44) ?
Quand Blink s’est arrêté, j’ai tout de suite su que j’allais créer un nouveau groupe avec Mark (Hoppus, bassiste de Blink 182 – NDR). On y a réfléchi vite fait, et monté notre groupe encore plus vite. Je suis très content de (+44).

On a la sensation en vous voyant jouer que tu es un peu le ciment de ce groupe, au moins sur scène. Quel genre d’expérience ont les autres membres ?

Ils viennent tous de groupes différents. Mark vient de Blink comme moi, Craig était dans les Transplants, et Shane dans un groupe qui s’appelait The Nervous Return. Mais en réalité, on se connaît tous depuis longtemps, c’est comme une sorte de petite galaxie de groupes dont les membres se mélangent beaucoup. J’ai grandi avec Sean, par exemple. J’ai fait partie des Transplants aussi, où je jouais avec Craig.

Qu’est-ce qui est différent de Blink dans ce groupe ?

Absolument tout : les gens, la musique, l’enregistrement, le son, le style. Dans Blink, il y avait Tom, Mark et Travis. Mais avec Mark, on avait envie de faire autre chose. Je ne voulais pas sonner comme Blink. Pour ce qui est de la composition, on est assez dynamique, les idées fusent et on les gère le plus simplement du monde. Tout ce qui est clavier, batterie et programmation vient de moi. Toutes les autres tâches sont partagées. L’enregistrement de l’album de (+44) a été assez rapide.

Le son des batteries est assez divers sur l’album…
Oui, j’aime avoir plein de kits différents.

Tu utilises aussi un peu d’électronique…

Pas tant que ça. J’en utilisais plus avec Blink, surtout sur disque. Sur scène avec (+44), j’ai juste un trigger MIDI branché sur une TR-808.

Quel matériel acoustique utilises-tu ?
Orange County Drums & Percussion. Une des meilleures marques que je connaisse.

Tu es assez violent sur scène. Changes-tu souvent ton kit ?
Ah oui ! Enfin ça dépend, mais il y a des périodes où j’ai dû changer de kit quasiment à chaque concert, je casse souvent de petits éléments. Les cymbales durent plus longtemps mais, par rapport à pas mal de batteurs, oui, j’en casse beaucoup. Je dois doubler mon énergie, ça vient sans doute de là…

Doubler ton énergie ?
Oui. Parce que je suis gaucher, en réalité, mais je joue le charley de la main droite quand même. Ne me demande pas pourquoi.

As-tu d’autres projets à côté de ce groupe ?

Oui, je ne dois pas en parler, tu verras quand ça sortira, sans doute avant la fin de l’année. Ça s’appelle Expensive Taste. Et puis, il y a tout un tas de choses dont je m’occupe…

Les Transplants, ton label LaSalle Records, Box Car Racer, ta ligne de vêtements… Que fais-tu quand tu ne fais pas de musique ?
Plein de choses ! Je ne m’ennuie jamais. Je passe du temps avec mes amis, je me fais tatouer, je conduis ma Cadillac, j’aime le skateboard, aussi… J’aime beaucoup les vieilles voitures !

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