Dream Theater a traversé une crise sans précédent suite au départ de Mike Portnoy. Voici pour vous, en exclu sur le site Batteur Mag, un entretien inédit avec Jordan Rudess, claviériste de son état qui révèle tout le bien qu’il pense de Mister Mangini.
Texte : Laurent Bendahan
Photo : Nidhal Marzouk
Jordan, quel était ton état d’esprit quelques heures avant l’audition de tous ces batteurs. Etais-tu effrayé de ne pas trouver la bonne personne ?
J’ai pensé que nous avions de super prétendants. Il y avait beaucoup d’espoir et d’excitation. J’étais certain que nous allions trouver.
Avant le jour de l’audition, était-il clair dans ton esprit que Mike Mangini serait l’élu ?
A part Mike, je fondais de gros espoirs sur Marco Minnemann qui semblait avoir les qualités humaines requises et les capacités techniques.
Son attitude était ultra positive. Il n’arrêtait pas de sourire tout en jouant…
Marco est l’un de mes batteurs favoris sur cette planète ! J’adore ce gars et j’adore son jeu. Lorsque je le vois jouer, j’ai envie sourire aussi, de jouer avec lui et de le regarder jouer…
Ton univers, c’est plutôt Deep Purple. Mais que penses-tu de ces batteurs de la nouvelle génération comme Peter Wildoer ou Derek Roddy qui débarquent avec leurs blast beats ?
Je pense que les blasts sont des rythmes très cools et j’aime l’idée de les utiliser dans des contextes bien particuliers. Mais s’il y en avait trop, je crois que deviendrais fou !
N’étais-tu pas choqué par le fait que Thomas Lang et Virgil Donati se contentent de jouer sur de petits kits lors de l’audition ?
Non, je ne l’étais certainement pas. Thomas et Virgil sont au top. Ils pourraient jouer sur des bidons s’ils le voulaient, cela sonnerait du tonnerre !
Mike Mangini est de votre génération. Marco, Derek ou Peter étaient bien plus jeunes. Est-ce que cet aspect était important pour vous ?
Non l’âge n’avait aucune importance tant que la maturité et le sens des responsabilités étaient là. Par contre, il y avait des tas de questions primordiales comme la façon d’appréhender la vie que nous menons, les voyages en bus, en avion, en train. L’essentiel était de sentir une forte alchimie entre nous.
Tu t’es grandement impliqué dans cette audition. Tu as entre autre composé ce fameux riff difficile à appréhender. Comment composes-tu ce genre de pattern ?
Mon but était de créer un riff qui serait à la fois cool et difficile à interpréter. J’ai dû me creuser un peu la tête, mais c’est quelque chose dont nous avons l’habitude dans ce groupe. J’ai écris ce thème de piano à la maison. Dès la fin de l’écriture, je me suis mis à sourire. Il était vraiment tordu (rires).
Quel aspect de Mike Mangini t’as le plus impressionné ? Est-il réellement capable de jouer tout ce qui te passe à l’esprit ?
Mike n’est pas seulement l’une des personnes plus gentilles que je connaisse. Son aptitude à jouer de la batterie est extraordinaire. Je n’ai jamais vu ça de toute ma vie. Il peut faire avec une seule main ce que les autres batteurs joueraient avec deux, sans compter le fait qu’il est aussi très « musical ». Je ne dirai jamais assez de bien de lui.
Que penses-tu de son aspect « shoman » ? Est-ce que son énergie a une influence directe sur le groupe ?
Absolument, et nous sommes ravis d’avoir un gars avec cet énergie débordante ! Une bouffée d’air frais…
En décembre 2010, Mike Portnoy a posté un message sur le web. Il émettait le souhait de retourner dans le groupe. Mais vous avez refusé. Quelle en est la raison ?
Lorsque Mike nous a demandé de revenir, nous venions à peine de nous remettre du choc, de panser nos blessures. Suite à son départ, je te garantie que nous avons été plus que touchés émotionnellement. Mais c’était aussi une période où nous ne devions pas nous laisser aller et prendre des tas de décisions cruciales pour notre carrière. Nous avions déjà tissé tant de liens avec Mike Mangini que nous ne pouvions plus revenir en arrière et le laisser retourner enseigner à la Berklee. Il est notre batteur désormais !
Comment te sentais-tu avant la première tournée sans Portnoy ?
Je me sentais super à l’aise et conscient de la chance qui m’a été donnée de jouer avec Mike Mangini. Nous sommes tous incroyablement heureux.