CAISSE CLAIRE CRAVIOTTO CUSTOM SHOP MAHOGANY

Caisse Claire Craviotto Custom Shop Mahogany

CC ACAJOU

Ma che Bella !

Batteur Mag continue son petit tour d’horizon des caisses claires Craviotto grâce au panel offert à La Baguetterie Paris,
avec un petit bijou en acajou aux vertus exceptionnelles.

C’est effectivement le 4e exemple du travail de Johnny Craviotto que nous vous présentons ici. Avec ces caisses claires Custom Shop, le lecteur fidèle aura compris qu’il s’agit toujours de fûts massifs, en un seul pli, avec ou sans renforts de chanfreins, sobres ou marquetés, parfois vernis en brillant mais généralement mats, et toujours dotés d’une voix bien spécifique. A croire que le célèbre Bel Canto s’exprime à travers ce luthier aux racines italiennes. Il n’est donc pas étonnant de constater que les prix dépassent régulièrement les 1 000 €, comme souvent dans la lutherie d’exception. Mais sur la durée de vie et si l’on considère la qualité des bois utilisés, la spécificité de fabrication, les vertus de l’accastillage et bien entendu celles du son obtenu, l’investissement en vaut clairement la peine. Pour ce banc d’essai, nous avons cette fois eu en main un fût 100% en acajou (filmé et enregistré), équipé de renforts de chanfreins en érable. Une petite beauté brune super bien apprêtée comme on aimerait en voir plus souvent.

Rappel d’une belle philosophie
La Baguetterie dispose de modèles Custom Shop Craviotto commandés au sein d’une gamme assez large, puisque l’on peut potentiellement choisir entre 6 essences (frêne, érable, cerisier, peuplier, noyer ou acajou), trois tailles de chanfreins (45°, 30° ou « Baseball Bat »), dans des diamètres allant de 10’’ à 20’’, avec des profondeurs allant de 3,5’’ à 12’’… A ce jour, toutes les caisses claires testées ont été vendues, mais il y en aura d’autres et il y a bien entendu la possibilité de commander ce que l’on souhaite ! Côté accastillage, on a également le choix entre les coquilles tubulaires, comme ici (avec un joli petit triangle à l’endroit de fixation), ou « Monobloc ». Dans les deux cas, comme dans les années 1940, Craviotto utilise du laiton chromé, un alliage beaucoup plus noble et beau (surtout après quelques années de vie) que l’acier. Les cercles sont disponibles en triple flanged (2,3mm), moulés, droits, ou en bois (avec ou sans « inley » de rappel). L’évent de décompression rond et discret se situe entre deux coquilles, vers le bas du fût. Les déclencheurs, derniers modèles de chez Trick (GS 007), sont dotés d’une manette à trois positions pour tendre ou détendre le timbre d’un seul geste. Et pour affiner le réglage, on serre plus ou moins la molette rainurée munie d’un système de crantage. C’est beau, et ça marche du tonnerre ! Sur ce très beau modèle en acajou brun, la bande fine de marqueterie donne un effet particulièrement réussi.

Nerveuse, chaude et tranchante
En général, l’acajou est une essence vraiment superbe pour les fûts et caisses claires, et ce n’est pas pour rien qu’il était préféré par des fabricants comme Ludwig (pour les tambours, dès les années 1930), Slingerland ou Leedy (dans les années 1940 et 50), ou par Capelle en France, pour des fûts au son chaud et grave, avec un registre globalement assez puissant. Il s’agit d’un bois assez dense, qui diffuse des fréquences médium très punchy, ce qui en fait un bois idéal pour les caisses claires. Malheureusement, l’acajou est onéreux et il est de moins en moins utilisé par les fabricants. Dommage ! Un luthier comme Craviotto, en revanche, s’en donne à cœur joie, et le résultat est vraiment fantastique, surtout pour une 14×5,5’’ équipée de renforts de chanfreins en érable. Là, on est clairement dans une réminiscence de la mythique Radio King ! Dans le premier réglage tendu dessous et dessus, sans le timbre, les jazzmen et tous les amateurs de musiques latines seront ravis de faire chanter la peau comme pour une caisse vintage, avec une très belle note et des harmoniques idéales, en pleine peau ou en rimshot. D’emblée, le son est plein, riche (pas sec, ni vide ou plat) et très chantant. Avec un timbre enclenché et déjà bien collé à la peau dans la première position qu’offre le levier du déclencheur, le caractère « crispy » se fait immédiatement entendre, et l’on savoure de pouvoir buzzer et jouer finement en révélant le potentiel des bords de caisse, avec une facilité jubilatoire. C’est équilibré, avec une réaction à la fois dense et légère sous les olives, et en passant le levier sur la deuxième position, avec des coups placés plus au centre, on entre dans un registre super net et précis, derrière lequel la qualité de la note se fait toujours entendre. Les harmoniques se rangent pour laisser place à une fréquence très épanouie, très réactive aux nuances et surtout très belle (mais ça, on l’a déjà dit !). Le levier en troisième position, avec le timbre bien tendu, on profite pleinement du « crisp » et ça devient plus funky et nerveux, avec une très belle attaque… Génial pour le be bop ou le funk ! Changement radical en détendant le dessous et le dessus, ainsi que le timbre. Les Craviotto font d’ailleurs partie des rares caisses claires à mon sens qui supportent d’être un peu détendues dessous. On accède alors à une dimension plus « tambour », avec une résonance toujours très équilibrée, en partie par les renforts qui commencent à réellement jouer leur rôle. On obtient encore plus de plénitude, même les rimshots portés en coups forts sonnent larges, et les belles fréquences graves de l’acajou se font entendre distinctement. Cette caisse pourra encore descendre dans l’accordage et être matée, mais il apparaît tellement agréable d’utiliser ses belles résonances et de ne pas trop « trafiquer » son caractère naturel que nous en resterons là, ravis d’avoir testé ce mélange d’érable et d’acajou, les chanfreins et les cercles emboutis n’étant évidemment pas étrangers aux harmoniques chantantes de ce très beau fût.
Au fur et à mesure de nos tests autour des productions du Custom Shop de Craviotto, nous avons de plus en plus tendance à comparer ces caisses claires à de belles guitares ou à des cymbales d’exception. Par rapport à une caisse claire à moitié prix (ce qui représente déjà une somme), la beauté esthétique rentre bien entendu en compte, ainsi que la célébrité du luthier, mondialement reconnu pour son travail, mais la dimension musicale n’est pas à négliger. Ce type d’instruments est en effet destiné à quiconque aime varier les sonorités, jouer avec les mains, avec ou sans le timbre, aux balais (non filmé, dommage !) ou aux mailloches. C’est vraiment à ce type de destination, dans un environnement plutôt acoustique, qu’une Craviotto va se révéler… À ce prix-là, un peu comme la « voiture d’Iron Man » dans Les Tuche, si c’est juste pour utiliser 10% de son potentiel, c’est un peu dommage, mais même un simple backbeat rock n’roll sera toujours agréable à envoyer, en s’assurant que les amplis ne couvrent pas trop la richesse d’utilisations offertes par la miss en question. •


Prix Indicatif TTC : 1 359 €


Distribution : La Baguetterie Paris


Mise en page 1  • Une esthétique très soignée
• La qualité de ce bois foncé avec un bel inlay extérieur
• Une superbe tonalité apportée par l’acajou
• Les renforts intérieurs qui ajoutent de la plénitude et des graves
• Le plaisir de jouer une Craviotto
Mise en page 1 • Comme pour tout produit très abouti, il est conseillé d’acheter en  ayant conscience des capacités sonores acoustiques d’un tel matériel et de savoir un minimum régler une caisse claire

 

2 Commentaires

  • Bonjour
    Merci pour votre article.
    Il est écrit « un seul pli, avec ou sans renforts de chanfreins ».
    À ma connaissance, les Craviotto disposent toutes de renforts de chanfreins.
    Denis

    • Bonjour Denis,
      Effectivement, il s’agit d’une petite erreur, Johnny Craviotto proposant effectivement ses caisses claires uniquement avec des renforts. Toutes celles qui nous sont passées entre les mains en étaient équipées et nous pensions que le luthier pouvait proposer des fûts sans renforts, mais il n’en est rien.
      Merci, donc pour cette précision qui a son importance, le savoir-faire de ce fabricant étant basé sur cette spécificité pour des fûts assez orientés vintage.
      La rédaction

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