KIT SONOR PROLITE STUDIO 1

Kit SONOR Prolite Studio 1

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Banc d’essai publié en juillet/août 2013 – Batteur Magazine n° 271

Tribale à l’extérieur, sensible à l’intérieur

Au sein du haut de gamme Prolite, Sonor a développé des finitions étonnantes comme ce très beau kit vêtu tout de rouge et noir, testé pour les lecteurs de Batmag’ en version Studio 1.

prolite-badgeQuel plaisir de tester de beaux instruments, dans un lieu qui révèle leur personnalité au maximum. C’est le cas depuis deux ans pour tout le matériel Sonor, que nous sommes conviés à tester dans le théâtre à l’Italienne de Semur-en-Auxois (fief de l’importateur), où toutes les batteries sont déjà montées et pré accordées à notre arrivée… Un vrai festin de fûts, organisé par le maître de cérémonie Jacky Bourbasquet qui nous facilite ainsi le travail et nous permet de réaliser des documents vidéo d’une qualité rare, pour nous et pour tous les lecteurs. La dernière batterie testée lors de cette journée marathon (6 kits et 14 caisses claires sont passées entre nos mains) incarne le haut de gamme de série de chez Sonor, les SQ2 étant en quelque sorte classées hors catégorie, dans la haute couture ou le sur-mesure. Il s’agit donc ici d’un kit Prolite, que l’importateur nous a présenté en configuration Studio 1, dans l’une des finitions les plus étonnantes de la série, un Red Tribal dont les motifs et la qualité de la laque High Gloss attestent à eux seuls du rang de ce kit dans la gamme Sonor.

Conception et finition du fût
Sonor fabriquant des batteries depuis 1875, elle totalise près de 138 années d’expériences qui la placent parmi les plus anciennes du marché actuel, et elle est sans nul doute aujourd’hui la doyenne en Europe. Cette info est fondamentale en soi, en termes d’expérience, d’histoire et de savoir-faire, mais elle revêt encore plus d’importance lorsqu’on évoque la série Prolite qui concentre en quelque sorte ce savoir-faire, puisque le fût en érable présente une conception vintage, avec la finesse qui l’accompagne et les renforts de chanfreins qui “vont bien”. Ce type de fabrication, que Sonor a amélioré au fil des années en utilisant le procédé Cross Laminated Tension Free Process (assemblage croisé des plis verticaux et horizontaux), reprend en effet les fondements d’un fût très fin (9 plis, soit 4mm pour les toms, et 12 plis, soit 6 mm pour les grosses caisses) enrichi dans les deux cas de renforts de chanfreins de 2mm d’épaisseur, dont le rôle est de tenir le bois aux extrémités. Sonor vante également la spécificité du Optimum Shell Measurement (OSM) qui consiste à laisser une longueur infime supplémentaire pour la dernière couche extérieure du fût, afin d’améliorer le contact du bois avec la peau, l’angle du chanfrein à proprement parler étant taillé à 45° pour privilégier l’attaque. Un mot sur les superbes techniques de finitions, Sonor se plaçant sans aucun doute (hors custom) parmi les fabricants offrant les finitions les plus originales et abouties du marché. Pour la série Prolite, deux types de finitions sont proposés, avec la spécificité introduite depuis quelques années déjà, consistant à utiliser un pli vertical de bois pour l’extérieur du fût, une conception devenue depuis une signature de la marque. On trouve différents niveaux de prix selon l’aspect extérieur du kit (Solid Matte, Stain Satin Gloss, Solid High Gloss, Stain High Gloss et Veener High Gloss), avec 9 finitions aussi variées que réussies. Nous avons testé la plus onéreuse qui arbore ce très beau tacheté rouge et noir « tribal », avec un verni passé en 5 couches successives (procédé de séchage rotatif pour éviter les gouttes) et jusqu’à 7 étapes de ponçage et de polissage manuel au total. Un travail super abouti pour un look assuré sur scène !

Le top de l’accastillage
La première bonne nouvelle en ce qui concerne ces dernières Sonor, c’est que chacun choisira s’il souhaite une grosse caisse percée, pour accueillir une attache de toms, ou pas. Nous avons testé la version clamps, toujours aussi pénible à positionner (quelle que soit la marque), et même s’il paraît redondant d’écrire à nouveau que nous préférons le bon « vieux » système, on en remet tout de même une couche ! D’autant qu’ici, l’embase de grosse caisse est toute discrète et que l’attache de toms (single ou double) est super solide (presque un peu imposante) et très fidèle à la technologie Sonor. Avec une mention spéciale pour la version simple, à la fois élégante, discrète et efficace. On retrouve les suspensions de toms « T.A.R », tenues au niveau de quatre coquilles, un système à la fois esthétique et très efficace, surtout pour ces fûts-là, qui s’avèrent plus ronds et chauds que plein d’attaque et de puissance. Les coquilles ont une forme similaire à celles des autres séries, mais avec un dessin plus droit et très design. Elles sont bien entendu équipées de la technologie TuneSafe (qui maintient le tirant et donc, l’accordage de la peau) et sont suspendues sur des caoutchoucs brevetés sous le nom d’APS (Advanced Projection System) qui isolent toutes ces parties métalliques du bois. Dans la continuité, impossible d’ignorer les très jolis crochets de grosse caisse qui entourent totalement le tirant et protègent le bois d’éventuelles rayures, pour un résultat identitaire et bien pensé sur le plan esthétique. Les piques de grosse caisse restent inchangées depuis quelques années déjà, mais elles offrent une stabilité latérale et frontale, et restent assez légères (poids et dessin). Quant aux caoutchoucs des tiges du tom basse (APS), on se situe clairement dans la souplesse offerte par le haut de gamme.

Le set d'accessoires (non compris) qui nous a servi à tester la Prolite est issu de la série 400.
Le set d’accessoires (non compris) qui nous a servi à tester la Prolite est issu de la série 400.
Le système T.A.R qui suspend les toms est ici particulièrement bienvenu, comme toujours pour les fûts très fins qui ont besoin d'une vibration optimale pour s'épanouir à leur maximum.
Le système T.A.R qui suspend les toms est ici particulièrement bienvenu, comme toujours pour les fûts très fins qui ont besoin d’une vibration optimale pour s’épanouir à leur maximum.
Les coquilles de la Prolite sont identiques à celles du sur-mesure SQ2 et renferment le système de maintien des tirants baptisé "Tunesafe", décliné chez Sonor dans la plupart de ses séries.
Les coquilles de la Prolite sont identiques à celles du sur-mesure SQ2 et renferment le système de maintien des tirants baptisé « Tunesafe », décliné chez Sonor dans la plupart de ses séries.

Fûts au détail, configs existantes, et modèle testé
Les Prolite sont livrées sans caisse claire ni accessoires, et on peut bien entendu commander tout type de tailles et diamètres au détail. Des grosses caisses au nombre de 5, (18×14’’, 20×17,5’’, 22×17,5’’, 22×19,5’’, 24×17,5’’), pour lesquelles on note au passage l’intelligence des profondeurs, et 12 toms allant de 8×7’’ à 18×16’’. Sur le plan des configs préexistantes, la marque offre la possibilité de commander plusieurs types de sets, comme Sonor nous a habitué depuis un certain temps, avec un code lié au studio ou à la scène. On commence par la Prolite Studio 1 (en 20’’, 10’’, 12’’, 14’’) qui n’est autre que le modèle testé, suivi par la Stage 2 (22’’, 10’’, 12’’, 14’’) et par la Stage 3 (22’’, 10’, 12’’, 16’’). On sent que le tom de 13’’ a perdu l’affaire, sauf au détail bien sûr, en 13×10’’ uniquement. Nous avons testé cette Studio 1 entourée des accessoires de la série 400 (du heavy duty super pro à la Sonor), et avec une pédale Jojo Mayer dont je ne peux plus me passer !

La finesse incarnée
Notre vidéo a été filmée avec la caisse claire 14×6’’ équipée de cercles moulés. Nous vous reparlerons de cette merveille plus en détail dans le prochain numéro. Les toms et la grosse caisse de cette batterie sonnent avec une finesse très appréciable, et malgré les peaux Remo Clear, on sent réellement la spécificité de ces fûts vintage. Evidemment, des peaux blanches révèleraient ce caractère avec encore plus de subtilité, mais on ressent assez rapidement le désir de varier les intensités de frappe pour profiter d’une réactivité immédiate due à l’ouverture naturelle de la finesse du bois. Sans jouer le rôle de cercles moulés, les Power Hoops de 2,3mm d’épaisseur tiennent fermement les peaux qui s’épanouissent parfaitement aux deux accords que nous avons essayés. Assez tendu dans un premier temps, pour révéler le caractère chantant qui s’épanouit tout en rondeur et sans défaut d’harmoniques ni ne vibrations, avec une longueur de note qui privilégie à la fois la précision de l’attaque et le détaché de plusieurs coups successifs. Les rimshots révèlent un claqué très bien dosé qui n’arrache pas les oreilles ! Les batteurs de fusion, de jazz (acoustique ou électrique), de musiques latines, mais aussi de pop ou de blues, se régaleront de la musicalité de cette config-là. On peut bien entendu descendre dans les graves, comme le révèle le deuxième réglage.

Ronds et très bien dosé dans la résonance
Il semble clair que ces fûts ne sont pas faits pour claquer et résonner puissamment. Même tendu, le 10’’ ne diffuse pas trop d’aigus, le 12’’ est superbe et le 14’’ est généreux et chaleureux. La 20’’, équipée d’une Remo Pinstripe, prise par un micro situé à 40cm d’une peau de résonance matée et trouée, révèle un impact centré et des graves larges et magnifiques. De quoi viser une polyvalence vraiment appréciable pour le batteur actuel, à l’instar de Jojo Mayer ou Gavin Harrison. Selon les tailles (18’’, 12’’, 14’’ ou Stage 3), on pourra bien entendu resserrer ou élargir un peu le spectre et viser encore plus précisément un style désiré, mais la Stage 1 offre de sérieuses possibilités en termes de polyvalence.
Sonor nous a donc une fois de plus régalé et ce haut de gamme, amélioré par de nouvelles options, a heureusement gardé le meilleur de ce célèbre savoir-faire séculaire. Nous avons donc commencé par le meilleur, la Prolite étant située tout en haut de la gamme, mais d’autres tests sont à venir, avec des caractères tout aussi intéressants, pour des goûts un peu plus agressifs ou puissants. Le prix de ce kit, vendu sans caisse claire ni accessoires, est évidemment assez élevé, surtout pour cette finition audacieuse, mais on peut bénéficier de la même qualité acoustique pour moins cher, en choisissant une finition plus économique. Un vrai bon point pour un haut ce gamme qui semble donc ouvert sur tous les plans. On pourra reprocher le côté un peu massif des accessoires Sonor, mais on salue en revanche (comme d’habitude) la qualité exceptionnelle de l’acier et des joints, comme celle des caoutchoucs sur tout l’accastillage. Celle des fûts n’est plus à vanter, car elle allie douceur, rondeur, musicalité, sans manquer de puissance et de projection, le maître mot étant “ouverture” sonore. Normal, c’est du haut de gamme Sonor ! •


Prix Indicatif TTC :
Studio I : 20×17’’, 10×8’’, 12×9’’, 14×14’’
Creme White, Natural, Nussbaum : 2 399 €
Brilliant Black, Silver Sparkle, Ruby Red : 2 799 €
Red Tribal (testée), Ebony White Stripe, Walnut Brown Burst : 2 999 €


 DISTRIBUTION : HOHNER S.A


 

Mise en page 1 • Des fûts fins extrêmement musicaux
• Les trois configs et les fûts au détail
• Les finitions osées, nombreuses et à prix variable
• La qualité des aciers et de l’accastillage
• La polyvalence de cette configuration
Mise en page 1 • Nous ne sommes pas fans des peaux Clear sur les toms

 

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